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Le patrimoine militaire tournaisien PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 17 Janvier 2010 11:16

Tournai est riche en patrimoine militaire. Ces vestiges rappellent les principales périodes de l'histoire de la ville.  Pour les situer sur un plan de la ville, cliquez ici .


Période Romaine

Il ne reste pas de vestiges visibles de cette époque.  Les fouilles rendues possibles suite aux destructions de la guerre 1940-45, révéleront bien des vestiges inconnus jusqu'alors ; notamment les substructures d'édifices privés et publics, de thermes, d'hypocaustes, remblayés (sauf une cave rue de Pont) après les fouilles.




Mérovingiens et Carolingiens

Les seules traces encore visibles et importantes de cette période sont, pour les Mérovingiens, la découverte du tombeau de Childéric, roi des Francs, mort en 481, porteur de son anneau sigillaire portant l'inscription "Childerici, regis" qui établissait incontestablement son identité et le fait que Tournai était bien sa capitale ; pour les Carolingiens, la mise au jour récente d'une cathédrale carolingienne avec les bases de ses murs et de son baptistère.  Tournai perd son statut de capitale lorsque Clovis la quitte pour Soissons puis Paris afin d'agrandir son royaume.  Les Normands la ruinent en 880, l'évêque, seigneur de la ville, sera autorisé par le Roi de France " à relever sa fermeté" c'est-à-dire à relever ses murailles détruites par les envahisseurs.


XIIe siècle

La première enceinte communale.

Il subsiste nombre de vestiges de cette muraille qui affectait la forme d'un demi-cercle dont le diamètre serait le fleuve, le périmètre s'y articulant entre la ruelle des Noirets et l'espace entre les rues des Carliers et Madame.  Elle englobait les quartiers du Marché, de Saint-Piat et de Saint-Pierre.  Elle serait datée de 1188 à environ 1197-1202. Carrées dans un premier temps (Rédemptoristes), certaines de ses tours sont modifiées afin d'obvier à l'inconvénient majeur du carré : les angles morts.  Englobées par l'agglomération en expansion, les murailles seront détruites ou disparaîtront dans les jardins au XVIIIe siècle, les tours servant de réserve ou d'ateliers privés.









XIIIe et XIVe siècle

La seconde enceinte communale.

Circonscrivant la ville sur plus de cinq kilomètres, la muraille commencée en 1277 s'est largement détruite lors de l'urbanisation du XIXe.  C'est la décision du gouvernement belge d'établir une autre ligne de défense pour le pays, d'Anvers vers la Meuse, qui aboutit à la démolition de son enceinte devenue inutile.  Ont été préservés le Pont des Trous et quelque tours et courtines à l'est de la ville.


 



XVIe siècle

Le château d'Henri VIII.

En 1513, après la prise de la ville par les troupes d'Henri VIII, la cité deviendra la seule ville belge à avoir été anglaise.  Rapidement impopulaire vu son comportement envers les Tournaisiens, l'occupant anglais se retranchera dans une "citadelle" qu'il construira sur l'île Saint-Pancrasse qui était occupée autrefois par un ancien château du comte de Flandre.  Ce camp retranché prendra le nom de château et donnera son nom au quartier actuel.  Il sera démoli sous Louis XIV, en 1667 lors de la construction de la Citadelle et de la canalisation de l'Escaut.  Le seul vestige encore visible en est la "Grosse Tour" ou Tour Henri VIII qui était englobée dans l'enceinte communale.


XVIIe siècle

Le siècle de Louis XIV.

1667, la "Guerre de Dévolution" est commencée et les troupes de Louis XIV commandées par Turenne mettent le siège devant la ville.  Vauban construit les circonvallations destinées à isoler la ville.  Les fortifications sont en mauvais état et ne permettent pas une défense efficace.  Après deux jours de siège, les tournaisiens ouvrent les portes et remettent les clefs de la ville au roi.  Commence alors une période de transformation : enceinte bastionnée et ouvrages à cornes, construction de la Citadelle et de nombreuses casernes, canalisation de l'Escaut....  Tournai deviendra une position avancée du "Près carré" recommandé par Vauban pour défendre les frontières Nord de la France.


 

 


XIXe siècle

La période hollandaise.

Les Hollandais ont remis en service, tout en respectant le plan initial, une partie de l'ouvrage de Louis XIV, par l'adjonction de casemates tournées vers la France et par la construction, autour de la cour d'honneur, de cinq corps formant casernes pour les troupes et d'un corps de garde.  Les traces des six casemates en sont visibles rue de la Citadelle, devant la caserne Ruquoy.


 

Après la Révolution belge, il devient évident que la France n'est plus une menace.  Les fortifications orientées contre celle-ci et construite par les hollandais n'ont plus d'intérêt et le gouvernement belge décide le démantèlement des fortifications devenues inutiles.  Les murailles de la ville seront démantelées à partir de 1863.

XXe siècle

Tournai prend son visage actuel.

A partir de 1910, les casernes de la ville prendront petit à petit leur visage actuel.  Ainsi, les cinq casernes de l'ancienne citadelle se voient surmonté en 1913 d'un troisième niveau et d'un meilleur confort (l'eau courante par exemple).

Durant les deux guerres mondiales, c'est la ville qui paie un lourd tribut aux canonnades d'octobre et novembre 1918, aux bombardements allemands (1940) et anglais (1944).  Elle en sortira meurtrie, surtout de la seconde, mais, courageusement, relèvera ses ruines.

 

Mise à jour le Mardi, 09 Février 2010 19:28
 

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